[cinéma] Dans la pampa argentine avec Les Acacias

Aujourd’hui, on vous suggère de regarder Les Acacias, un très bon film argentin qui sera diffusé ce soir sur la chaîne Ciné+ Club (22h25). 

Les Acacias

Réalisé par Pablo Giorgelli
Avec Germán De Silva, Hebe Duarte

Caméra d’Or du Meilleur Premier Film : Festival de Cannes 2011
Abrazo du meilleur long-métrage au Festival de Biarritz

Les AcaciasLes Acacias de Pablo Giorgelli

Rubén est camionneur. Seul dans sa cabine, il transporte des troncs d’Acacias du Paraguay jusqu’à Buenos Aires. Lors d’une pause au cours d’un trajet, une jeune femme portant un bébé dans ses bras le rejoint, un accord pour le trajet semble avoir eu lieu avant. Rubén lui fait donc signe de monter tout en maugréant et le camion repart. Le silence s’installe, seul le moteur se fait entendre, parfois rompu par les cris de la petite Anahi.

Peu d’action, encore moins de dialogue. Si vous prenez le parti de vous laisser embarquer avec ces deux taiseux dans cette étroite cabine, bercé par le ronron du moteur, à regarder défiler les routes sauvages et défoncées de la pampa argentine, et surtout observer le lent rapport d’abord muet qui s’installe entre eux, le charme opère ! Le metteur en scène a opté pour la sobriété et le tournage en temps presque réel, quasi en suspension. Le spectateur, s’il arrive à décrocher de ses attentes habituelles qui imposent rythme et rebondissements, va vivre cette situation comme s’il y était. Le peu d’échanges fait que l’on reste concentré sur les visages, sur la moindre expression, le moindre rictus, guettant les prémisses d’une relation coupée du monde, de deux êtres malmenés par la vie.

Il faut attendre l’arrêt près d’un lac pour voir le premier sourire de Rubén, mais lorsqu’ il se profile c’est tout le film qui s’illumine. Et quand il prend la petite dans ses bras c’est le coeur qui trésaille. Peu à peu chacun va s’ouvrir à l’autre, maladroitement, avec une extrême pudeur. Par le biais de cet adorable bébé ils vont trouver les failles, partager une complicité, créer un lien qui ne se nommera pas, mais qui s’imposera sur la toute fin. Un petit film qui ne fait pas de bruit mais empreint d’un charme particulier.

Un très bon moment de cinéma, sobre et rugueux comme peut être la vie parfois, et surtout bourré d’émotion. A voir ! (il faut aimer le genre ; perso, j’ai beaucoup aimé, mais c’est lent, forcément).